mercredi, février 23, 2011

Chocolat

Il y a des journées comme ça où tu as envie de tout et de rien. Tu souhaiterais rester coucher et faire une boule avec ton oreiller dans ton lit et de fermer les yeux pour le reste de la journée. Devenir végétal comme une tomate italienne sur son plan, qui se fait dorer la pilule au soleil de la Toscane pendant que les abeilles bourdonnent autour de son plan. Mais ça ne se passe jamais comme ça... car tu n'es pas au monde d’Alice, il y a longtemps que tu sais que ça n'existe pas! Comme une larve tu te traines en dehors de ton lit, tu mets en route la machine à café et tu pries le ciel que cette journée passe aussi vite qu'un TGV.

Pendant la pause de 15h pour te remonter le moral tu cours à la machine à confiseries, au monde du chocolat cheap vendu à 3$, mais qui en vaut son pesant d'or tellement tes nerfs te demandent un petit baume. Celui qui pourra effacer l’amertume du café du matin et la tristesse que tu navires depuis quelques jours. Tu prends la plus grosse barre de chocolat de la distributrice, une Kit Kat...n’ah..! Pas assez... Une Oréo,,, non y'a des trous dedans, c'est de l'arnaque... Alors une Reese (trois fois plus) avec du beurre de cacahouète pour bien enrober ton malaise viscérale...

Après ta montagne de sucre dérobé en quatre bouchés tu te remets à travailler, tu te dis que ça va passer et que demain sera une meilleure journée. On a pas découvert le mystère de la Caramilk, mais on sait que le chocolat, peut importe son originalité saura toujours compenser sur les cœurs esquintés...

mardi, mars 23, 2010

La peine de Jack

Comment on fait pour se soigner d'une peine d'amour?
Jack vient de me poser cette question, entre deux gorgées de café alcoolisé d'un petit bar de la Maine, il me dévisage avec les yeux d'un caniche qui vient de recevoir un coup pied et qui cherche le réconfort des bras chauds d'une nouvelle maîtresse. Ce grand gaillard de 6 pieds et 2, si fier habituellement, a tellement l'air désemparé, que s’en est pathétique à voir. Son visage affiche un exécrable rictus, ses traits semblent vaciller entre l'envie de me sourire et de pleurer. On dirait un gosse de 4 ans à qui on a oublié le jour de son anniversaire. J'ai mal pour lui et surtout je ne sais que dire, alors je fixe les peintures de mauvais goûts décorant l’endroit pour passer le temps, en me rassurant que peut-être ma présence suffit. Suffit à combler ce nouveau vide qui fait maintenant place dans l’esprit de mon vieil ami.

Tu sais Jack, ça prend du temps et beaucoup beaucoup de temps! On passe tous par là, Ça fait mal, ça te broie les trippes comme pour en faire de l'andouillette, tu penses toujours à l'autre comme une obsession en croyant qu’il n’y aura plus de vraies lendemain en n’imaginant pas ta vie sans elle, puis un matin, sans savoir pourquoi, tu oublies. Magiquement tu arrives à bouffer à nouveau tes Corn Flake, sans voir sa foutu tête dans ton bol de céréale... C'est comme ça! D'un mouvement de la main, je m'empresse de faire le geste qui accompagne ma phrase en un salut militaire froid et rigide, comme Tom Cruise dans Top Gun. Normalement Jack aurait pouffé de rire, mais pas ce soir, mon comportement a plutôt attiré l’attention de la plantureuse serveuse et des trois petits vieux aux machines à sous qui me lance sur le fait un drôle de regard… Idiote ! Je réalise du coup que Jack est vraiment triste..

Et pourquoi ça arrive toujours à moi ? Après maintenant trois mois, je n'y arrive toujours pas, couine t-il . Bonne question, j'avoue que de se faire plaquer un 23 décembre, ce n'est pas humain, faut respecter les règles, comme dans le hockey, pas d'échange et de renvois permis pendant les fêtes! Jack est planté devant moi à me questionner sur ce qu'il devrait faire et j'en ai rien à foutre, j'ai envie de sorties, de me balades, de profiter de la rue St-Laurent où je ne vais pas assez souvent à mon goût, surtout qu’il a neigé et j’ai bien envie d’en profiter. Égoïstement je termine mon café en me disant qu’assez c’est assez et en montrant sans subtilité à mon camarade mon intention de filer, mais voyant ma tentative, Jack me commande rapidement un deuxième verre de Bailey’s... J’ai du mal à refuser …Voilà quand on me prend avec les sentiments... Si Jack est prêts à me payer autant de verres simplement pour entendre ma philosophie à 30 sous, alors pourquoi pas !

J'ai la chanson de Stefie Shock qui me retentie aux oreilles... Chantal bouée d'sauvetage tu lis l'avenir dans les flaques d'eau...Sous l'effet de l'alcool, je répète, machinalement le refrain à voix haute...

Allez, commande un autre verre Jack, je pars au toilette, je reviens… On va parler

mardi, février 09, 2010

Y'a des matins...

 Y’a des matins comme ça, où on aimerait rester coucher… Y’a des matins comme ce matin qu’on peut rester coucher, mais que par principe on se lève, car rester coucher c’est synonyme de looser, c’est synonyme de flemmard qui ne sert à rien et qui n’attend plus rien. Techniquement je n’ai pas envie de ressembler à ça, sauf qu’aujourd’hui après deux mois de recherches d’emploi, force de constater que je commence drôlement à ressembler à une vedette de la pop qui n’attend qu’une seule chose, un coup de téléphone de Donal Trump pour la faire remonter sur les planches et exécuter son moon walk. Mon état de fille enjouée, drôle et amusante commence sérieusement à se détériorer, Félix le disait bien, la meilleure façon de tuer un homme est de le payer à ne rien faire... 

Dans ces moments d’égarement, j'aime me creuser un cercueil avec des voix douloureuses comme celle de Mano Solo, celle aussi de Jonny Cash. J'ai toute une liste de chansons de déprime avec Cohen, Cali, Brel ... rien qu’avec des voix de gars, après tout, ce sont eux les experts pour faire chialer les filles.

Après avoir pensé à monter les marches de l’Oratoire St-Joseph à genoux pour forcer un miracle, je suis sortie. Rien de mieux que de s’aérer pour se changer les idées, musique de fille déprimée dans les oreilles, direction Marché Jean Talon , lieu de pèlerinage enfin déserté par les touristes à ce moment-ci de l'année. Je peux maintenant flâner dans toutes les boutiques sans jouer du coude avec les petits bourgeois d’Outremont qui viennent en troupeau super excité y dévaliser les tablettes le samedi matin, dans l’objectif d’avoir fait une trouvaille pour impressionner leurs convives lors du souper de fin soirée.

Dans un petit café, un drôle de spectacle, un couple enlacé pleurait, en fait, la fille pleurait, le gars avait l’air embarrassé.  Je peux faire, quelque chose leur a demandé, le serveur en me jetant un regard amusé?

Non a répondu le garçon, J’ai fait semblant de continuer à écouter ma musique de maniacodépressif et à lire mon journal, mais j’étais bien trop obnubilé par la scène. En gros, la jeune femme devait retourner chez elle dans son pays, en gros Monsieur ne pouvait rien faire,ou ne voulait rien faire, liaison extraconjugale et patata. Rude, dans cette douceur de février qui est supposée ressouder les liens des amoureux. 

La noirceur m'a surprise, je suis rentrée par des paysages infusés de nuit avec Brel dans les oreilles. Égoïstement, je me suis surprise à me dire que ça fait toujours du bien de voir que je ne suis pas la seule à vivre des instants poches en ce moment.

vendredi, janvier 29, 2010

Le bonheur


Déf : État de grande satisfaction, de plénitude, de bien-être. Jouir d’un grand bonheur. 
Le bonheur signifie beaucoup, on le cherche, on lui court après la queue, on l’espère, comme les gamins extatiques qui comptent les dodos avant Noël…   
Ma mère disait qu’il y a des gens qui naissent heureux et d’autres malheureux, d’une façon innée, moi je crois que le bonheur s’apprend et se construit, si tu en veux c’est comme le sucre a la crème disait Jeanette Bertrand, sors les chaudrons et cuisine toi le!. Le seul problème avec le bonheur, c’est qu’une fois qu’on a mis la main dessus, il peut tellement basculer rapidement qu’il en fait peur. Certain, comme moi on la hantise d’y gouter, car ils savent l’effet incendiaire, la douceur et la beauté de ces courts instants que le bonheur peut procurer, mais deviennent rapidement allergiques aux contrecoups épineux que peuvent créer ses départs. Passer la nuit dans les bras d’une personne, se laisser aller, mais tout laisser tomber le lendemain, par peur de s’attacher, on ne veut pas revivre le passé, car ont sait combien les ruptures font mal… 
Avec le temps, je suis devenue comme plusieurs, une ceinture noire des courants d’air. Quand une personne m’intéresse, je flanche, je quitte, je m’éloigne, simplement par peur d’être bien et que tout bascule…alors, je fais un grand détour ou je me ferme les yeux comme le petit bonheur de Felix Lecler)  
Je réalise aussi que l'on confond souvent le bonheur avec l'amour... On cherche l'amour avec un grand A, puisqu'il offre le Bonheur avec un grand B...Mais les plaisirs se retrouvent partout...
Allez, c’est quoi encore la recette du sucre à la crème Jeanette?

lundi, janvier 25, 2010

Mano Solo

Non quoi tu blagues... Allez dis-moi que c'est une blague... Mano Solo est mort...? Non, mais oui, on savait tous qu'il n'allait pas... Mais c'est trop vite...

Rare que je m’accroche a un artiste, mais Mano avait quelque chose de particulier, sa musique me remémore mes voyages, la France, un amour, des amis… Le chanteur à la voix triste, spontanée, mais entière qu’on oublis pas, comme le parfum du nutella qui plane autour des kiosques de crêpes dans les rues de Paris le matin, je ne me lasserais pas…

Allez ami, permets-moi de verser une petite larme...


jeudi, janvier 14, 2010

L'insomniac s'amuse


Au crépuscule de ma chambre, mon portable sur mes genoux, je suis au royaume de mon chat. Depuis l'adoption de cette petite boule de villosité blanche à la SPCA, ma piaule m'est devenue secondaire. Je squatte dorénavant un territoire félin où je n'ai plus juridiction et où mon parfum de fille est détrôné par des phéromones.

En cette soirée, j'ai eu un bref moment de lucidité. J'ai constaté qu'après ce contrat de communication à tenter de sauver la planète par tous les moyens et sans majestueux succès, j'avais maintenant un amoncèlement de petites minutes de temps libres et que j'avais bien envie de profiter de ces millions de secondes perlant dans un  large sceau de possibilités. Cette lassitude de gloire et d'extase n'a duré qu'un instant, car après être tombée sur 2 adorables courriels d'offres de Viagra à 80% de rabais, 1 courriel: Chantale votre bonheur par nos voyantes et 1 autre très attachant Enlarge your penis, (c'est fous, j'en fais une fixation, je n'imagine plus une journée sans recevoir un de leurs courriels) ..., j'ai remarqué ton message tout peinard à travers ces absurdités commerciales.

Il fallait être folle pour penser qu'un jour tu m'écrirais après la beuverie de bêtises que je t'ai foutu à la gueule (il faut noter que tu l'avais cherché). Recevoir de tes nouvelles était à proprement parlé impossible. J'ai décidé de ne pas le lire et de me coucher. Masochiste peut-être.. Reculant devant l'embarra afin de ne pas ternir mon petit moment de bonheur, comme les cons de restaurateurs qui osent mettre du fromage rapé sur la poutine, ça ruine les moments de bonheur et les courriels comme les tiens, oui, ça peut ruiner les soirées où une fille flâne à la recherche de son bonheur.

J'attendais avec empressement la fatigue qui ne venait pas, je tenais la forme, wow une vrai olympienne de l'insomnie. 2 heures du matin, je me retournais dans mon lit, 3 heures et puis 4 et 5... Jusqu'à ce que je désiste. Mon crétin de chat faisait un bruit d'enfer en roulant tout ce qui lui tombait sous les gigots, ses agitations m'empêchant formellement de fermer l'oeil. Malgré l'effort, j'avais épuisé mon arsenal de moutons et Morphée n'était pas sur le point de se montrer le nez. J'ai ouvert le courriel, puis en un éclaire tel un Gaétan Boucher sur ses patins, je l'ai envoyé directement dans la poubelle, zlan! Égoïste direz-vous, mais les égoïstes malheureusement sont souvent des gens heureux ! Maintenant il me reste à régler le cas du chat... Bonne nuit

jeudi, janvier 07, 2010

Coeur vagabond


Il a cessé de neiger. C’est la première chose qui m’a traversé l’esprit quand j’ai ouvert l’œil. Mon vieux pyjama démodé à la Bridget Jones sur le dos, je suis sortie sur la galerie. Mes yeux rougis par trop d’heures de sommeil ont mis du temps à s’adapter à cet auguste soleil qui reflétait ses magnifiques rayons sur la neige encore intacte. Il soufflait une brise tiède et caressante comme celle qui fait sourire les amoureux lors des premiers jours de printemps. J’ai ouvert les rideaux, enfilé un vieux jean et j’ai pris l’avant-midi de congé, un congé de moi, de cette recherche d’emploi qui m’exaspère de plus en plus, de mon état d’âme qui ne sait plus trop quoi faire pour se sentir exister parmi cette foule où je ne me reconnais plus. D’ailleurs, en ce retour des fêtes, je doutais fort d’être capable de trouver quoi que ce soit d’intéressant à postuler aujourd’hui, J’en profite pour vagabonder, maintenant que j’en ai encore le temps.

Meu coração não se cansa
De ter esperança
De um dia ser tudo o que quer

Mon cœur a tant d’espérance
Mon cœur en enfance
Désire et attend l’inconnu

Bia

mercredi, janvier 06, 2010

Les mercredis


C'est mercredi, je suis comme Garfield, je n’aime pas les mercredis. En plus, j'ai mal à la tête, il n’y avait plus de croissant pour moi ce matin à la boulangerie. J'ai autant de motivation à avancer mes recherches d’emplois que de sortir les ordures, je perds mon temps à voltiger dans le cyberespace à la recherche de…rien.  Fait  positif,  j'ai de la tisane aux cassis, je subtilise en cachette des Tylenols à ma coloc, je peux jouer au Spider solitaire, faire des blagues poches sur le dentier de Claude Poirier sans que personne ne le sache et consulter ma circulaire IGA en ligne! Wow, mais ça, les gens le font quand même sur leurs heures de travail, ce ne sont pas des arguments très convainquant à être au chômage…

En ce moment, les pensées de mon cerveau se chamboulent entre : les comptes à payer,  le futur manque de biffeton, pendant que je jongle entre : je dois me trouver un emploi rapidement et reprendre des cours à l’Université pour ne pas mourir d’une crise d’aliénation mentale... le tout est entremêlé de certaines discussions philosophiques que j’ai eues avec Gilles... Pauvre Gilles, ça fait deux soirs qu’il se couche au crépuscule à cause de moi…J’ai acheté un chat pour me désennuyer, mais ce n’est pas pareil que de parler avec Gilles… Gilles ne réclame pas de la bouffe aux 5 minutes et ne fait ses griffes sur mon tapis de salon… Quoi que encore drôle, après l’avoir vu Gilles certains soirs en état d’ivresse avancée….

Ce serait bien de se mettre le cerveau à pause parfois, c'est certainement pour ça qu'on dit que les imbéciles sont des gens heureux.

Maintenant que je suis chômeuse, je suis retombée en mode étudiant…Qui dit mode étudiant dit aussi liquide brun alcaloïde aux propriétés stimulantes et aux éventualités aromatiques…. Traduction : Tim Horton, l’endroit où les grands esprits se rencontrent :
À peine arriver au paradis du beignet,  je réalise que ça chlingue à plein nez ici. Habituellement, je ne dégage pas ce genre d'odeur. Il doit y a voir une source dans les alentours…

Ça m’étonnerait que ce soit moi la source olfactive avec Secret Platinum invisible au beurre de coco, 21% d’aluminium et de zirconium pour femme active, pas possible, je vais mourir d’un cancer, mais pas de pestilences… Je n'ai aucune confirmation d’où provient le mal.... d'où la situation embarrassante, je garde mon sourire de gamine, car je veux ce café, j’ai déjà manqué mes croissants ce matin, telle une junky je veux ma dose caféine.

Autre situation embarrassante... J’ai apporté ma tasse, mais ce n’est pas celle du Tim Horton, la fille au comptoir me dévisage : Vous savez que vous pouvez vous procurer la tasse OFFICIELLE du restaurant… Ma chère, vous savez combien je vais polluer si j’achète votre fichue tasse de plastique « made in china », suremballée de cellophane pour la laisser se décomposer pendant 10 ans sur une tablette d’armoire de ma cuisine? Conasse…Pis quand je vais chez Provigo et que j’amène mes sacs écologiques IGA, personne ne me fait chier, commence pas…(je garde toujours le même sourire de gamine)… Les conservateurs peuvent bien perdre leur temps ici, les serveuses sont au même niveau d’intelligence que notre chef d’État…

Retour à la situation, c'est peut-être le gars à 15 pieds de moi qui empeste. Il est gros, il est en vieux t-shirt ruisselant de graisse et il a une tasse Tim Horton en plastique dans les mains.

Enfin, j'ai modélisé mathématiquement la puanteur... P pour puanteur est le produit de A B et C.

A étant la grosseur

B étant l'âge

C étant le distance entre le point 0 (moi) et la source olfactive.

Retour à la maison, je ne veux pas rester ici, surtout que la loque humaine nauséabonde commence à me faire de l’oeil…

Maudit mercredi!

À pis merde on est mardi….

vendredi, janvier 01, 2010

L'invitation



Je ne me souviens pas pourquoi j’ai accepté l’invitation, est-ce par gentillesse pour Brad ou tout simplement parce que je n’avais pas envie d’être seul dans mon petit quatre et demi avec mon chum qui retournait en France. Chez moi ça schlinguait la rupture à plein nez, l’arsenal de bagages dans l’entrée en faisait l’apothéose. Fêter, cette nouvelle année me rappelait, douloureusement le célibat qui s’en venait, je n’avais tout simplement pas d’énergie pour affronter ce nouveau départ une fois de plus, car je sentais bien que celui-ci était le dernier pour nous deux. Je me rappelle vaguement qu’une fois chez Brad, je me suis mordu la langue à plusieurs reprises pour ne pas dire à sa copine ses quatre vérités, parfois nos amis sortent avec des imbéciles, c’est comme ça... On est tout l’idiot d’un autre… elle, après les conservateurs, me donnait ration pour l’année.  À un certain moment j’ai décidé d’aller prendre une marche, car j’en avais mare, est-ce les subjugations de l’alcool qui montait en flèche à mon cerveau ou la Barbie de 22 ans de mon pote qui me posait trop de questions, n’empêche que j’avais gravement besoin d’air et acheter une peinte de lait devenait l’alibi parfait.
Dehors, l’air glacial qui entrait  à pleine intensité par mes poumons. Le sang dans mes veines transportait la douceur de l’alcool et mes tempes vibraient comme des tambours... bou boum bou boum... L’hiver soufflait sur moi sa fraîcheur et sa cruauté.
 Après quelques minutes, debout et immobile  je fixais le marché Jean Talon. J’adore cet endroit, peut importe la saison, il y a un côté reposant… même quand il est vide on sent l’empreinte et l’énergie de la journée vibrer entre ses mures, de loin, on y entend les marchants crier « qui veut des pétacles », « des bonnes pommes du pays »… Ici ça sent la verdure à plein nez, pas besoin de ticket, c’est un voyage aux îles de la Madeleine et au Saguenay en passant par Charlevoix à l’Ile d’Orléans sans bouger.
J’étais enfin seule et libre dans ma bulle onirique. Insensible au vent, infiniment heureuse de vivre ces quelques minutes d’abandon en tout exil. La neige folle dansait devant mes yeux. Je pense que ma consommation d’alcool venait d’atteindre son apogée, car les lumières se sont mises à vaciller . C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que je fixais le stand à sapin de Noel depuis un bon moment, j’ai pris mon cellulaire avec le peu de dextérité qu’il me restait pour regarder l’heure, jusqu’à ce que je sente une mitaine taper sur mon épaule… — Tu cherches un sapin? C’était l’agent de sécurité qui me faisait des signes avec sa lampe de poche depuis plusieurs minutes…
« Nenon meuchieu l’agent, ch’faijais juchte prende mes meschages chur mon téléphoune, pis m’en va  là, babye meuchieu l’agent... bonnneyané!» .
Avec toutes ces émotions mélangées, j’ai commencé à me sentir un peu mal. J’avais la tête qui tournait, je voyais plus très bien devant moi, j’ai laissé faire mon instinct  et je suis rentrée au bercail. J’étais sur le point de perdre connaissance et de me transformer en popsicle quand j’ai reconnu la porte .
Brad est arrivé de nulle part sur le balcon et a tout de suite pris mon manteau et m’a engueulé, mais qu’est-ce que tu foutais, on t’attend pour prendre le dessert depuis 40 minutes… à regarder la givre sur mes mains et le rictus de mon chum, je me suis dis… ça doit faire on sacré bout que je suis partie… Brad m’a poussé au salon à grands coups de pied dans l’cul, m’accrochant un verre de bulles entre les mains, allez, prends ça, ça va te remonter, à ce moment Barbie à crié : pis, elle est où la peinte de lait? j’ai fixé Brad, je crois que tous les deux on s’est compris:. pas grave... 2009 est là pour se reprendre...Allez bonne année!


jeudi, décembre 24, 2009

Le plus beau spot du monde


Il a fait tempête toute la journée, la cambrousse au Nord de Québec ingurgite à pleine bouches des pelletés de petits diamants. Ses banquises se font belles, rondouillardes pour le temps des fêtes. Gracieuses et dodus comme des baleines blanches elles dessinent d'imposants icebergs sur le bord des autoroutes, exposant leur parures glacées aux spectateurs par une étonnante exibition que font jaillir les rayons de la lune.

Ici c'est comme si la neige n'avait jamais cessé de tomber depuis des années. Blanc et doux, ces flocons s'empilent tel des fourures de lapin sur des couches cristalines qui crépillent au son du vent. C'est le moment propice pour une de ces interminables randonnées d'arrière-court en raquettes. Tu peux marcher tant que tu veux, me piaillent les oiseaux, tu n'arrivera jamais à la fin de cette piste! Je ne parle pas moineau, ni pic-mineur, ni chouette, ni aucun dialecte de toute la faune qui se trouve caché entre ces arbres. Ici c'est moi l'imposteure. Pirate des neiges, je viens voler du silence à ce panorama laiteux pour remplir mon intérieur d'une pause, d'un mutisme tellement long que ça fait peur. C'est si calme, aucun son, aucun bruit, on a simplement envie de décrocher, de toute façon, impossible de faire le contraire. On voit les étoiles. Pas des petits bouts lumineux entre les halos des luminaires de Montréal, de vraies étoiles, tellements grosses qu'on a l'impression qu'elles vont te sauter au visage comme des météorites.

Je suis au plus beau "spot du monde" proche du 47e parallèle. Où allez-vous? m'a demandé le chauffeur d'Allo Stop. Vous imaginez sa tête si j'avais répondu: au paradis? Je le vois déjà, il m'aurait suivit.. Pas question, des coins comme ça, on les garde pour soi.

Le plus beau spot du monde est refermé sur lui-même; cerné qu'il est de tous les côtés par la forêt, il n'ouvre sur rien. Mon spot est un concentré de beauté dans le creux d'un coin caché où l'homme n'a pas encore eu la fâcheuse idée de venir y mettre la hache pour y faire pousser un postiche de village composées de boutiques et de bébelles artificielles. Ici pas besoin de mots, simplement, le décors suffit, ça vaut tout les effets des films de Spielberg, tout les voyages du monde.

mardi, décembre 22, 2009

Enlarge your penis


Enlarge your penis ! Une fois de plus, je vois apparaître ce message dans ma boîte courriel, Grrr Pu capable! Non mais le mec qui envoie ça devrait comprendre qu’il envoie ça à une nana, célibataire à l’autre bout de l’Atlantique qui en a rien à foutre … Combien d’imbéciles ce font prendre à ce genre de courriel?
Si ça vous fait plaisir messieurs de flouer  votre argent dans ce genre d’absurdité, allez-y, prenez le forfait OR on vous la rhabille, remodèle, bichonne au grand complet, mais je ne suis pas certaine qu’avec votre nouvel ami, vous aurez plus de chance de voir la clique des nymphomanes d’Anne-Marie Lozique  et leurs poteaux domestiqués en animal de compagnie vous sauter dessus! Fini les grosses corvettes p’tite quéquette,  on roule en caravane ma Johanne, car pas besoin d’être mathématicien dans le monde des bas instincts:  Pénis = virilité, virilité = puissance, puissance = succès. Plus c’est gros mon champion, plus le client en redemande et plus tu montes ta cote R … la cote Requin….
Messieurs, on est entre nous , croyez-vous que les femmes font autant une fixation sur la taille de votre membre? Pas certaine-moi… Bon, nous avons tous une histoire de cul qui a mal tourné parce que le mec était disons… mal équipé… Désolée, ça ne se blogue pas ce genre d’histoire.  Mais ça, c’est plutôt exceptionnel et d’habitude, toute fille qui se respecte ne rappelle pas les mauvaises convives. Ok, on en rit entre copines, ça revient assez fréquemment en boucle dans les soupers de filles, mais de là à dire que nous en faisons une fixation.... Na! On perd beaucoup plus notre temps à chercher le dernier soutient gorge ultra remodelant, remontant, rembourrant, sans bretelle qui tient magiquement tout seul et qui vous fera  lever les yeux sur nous, lors du prochain 5 à 7 qu’à penser à ce que vous avez dans le pantalon. Et puis messieurs, si madame est toujours avec vous, c’est parce que le Don Juan qui sommeil en vous n’est pas si mal. Si on s’amuse à rire de votre bistouquette, c’est qu’on sait qu’on frappe sur votre point le plus sensible au même titre qu’on le devient  si vous faites un commentaire sur notre poitrine. Pour les éternels célibataires, je vous dirais, le problème ne vient pas de votre entre-jambe, oubliez ces courriels incongrus et investissez donc vos dollars dans un gym, des sous-vêtements décents, des cours de salsa ou tout simplement une bouteille de Listerine. Voilà, maintenant vous savez quoi demander au Père Noël.

dimanche, décembre 20, 2009

Syndrome du hamster


C’est la nouvelle année dans quelques jours, sortez trompettes, chapeaux et serpentins. Qu’est-ce que je vais bien pouvoir me souhaiter pour 2010? Un emploi stable, un condo, éliminer ma dépendance au Tim Horton et aux 5 à 7... Bah non! Aujourd’hui, en me promenant sur la rue St-Denis, le top de la devanture commerciale montréalaise, où planent des idées-cadeaux inutiles, suremballées, surdimensionnées qui coûtent la peau des fesses et ses cafés remplis de petits couples cutes habillés en Simon’s qui brunch, j’essayais de me souvenir de mes jours de l’an d’antan.. De quoi avais-je envie à 10 ans à part de faire partie du village de Nathalie, de dévaliser la boutique Au Coton ou de sortir avec Joe Mcintyre des New Kids on the Block? À me fier à mon vieux journal intime (vous savez celui qui est en texture rembourrée avec des pages parfumées et une petite clé que n’importe qui peut ouvrir avec une bobépine, oui oui les filles on a tous eu ça), et bien dans mon cahier, j’ai remarqué que j’aspirais à tout, sauf à devenir ce que je suis maintenant, c'est-à-dire une éternelle indécise pas branché de l’extension plateau.

Bon bon, ne paniquez pas, c’est pas une apologie à la déprime que je fais (je vois déjà ma mère qui s’étouffe avec sa camomille en lisant ce post). C’est juste que, parfois, j’ai l’impression que la vie, c’est une immense game. Un jeu qui joue avec nos terminaisons nerveuses. À chaque fois que tu finis par comprendre les règles, ça fait un gros BIPPP… le mode d’emploi change et on recommence à zéro. Et cette année des retours à zéro, il y en a eu pas mal. J’appel ça, le syndrome hamster en cage..

Avez-vous déjà vu ces petites vermines s’amuser avec une roue, ça court, ça tourne, ça s’éjecte, pis ça revient, ça tourne, etc.. C’est sans fin... Tapez hamster roue sur Youtube vous en verrez des exemples, c’est hallucinant l’énergie qu’ils peuvent dépenser. Comme eux, j’ai l’impression d’être transporté dans un cyclone, sans avoir le temps de réfléchir, travail, boulot dodo, club, 5 à 7... tourne, tourne, tourne la roue, je m’éjecte quelque temps et je reviens tout aussi rapidement. Ainsi, la hamster que je suis terminera une fois de plus la nouvelle année sous le thème du repartir à zéro.

Amis rongeurs, en ces temps de réjouissance, sortez vos CD de la Bottine souriante, swignez un bon coup le soir du 31, faites comme moi, prenez des résolutions sous l’ivresse de l’alcool que vous ne pourrez pas tenir. Quand les 10 coups sonneront levez votre verre de champagne à cette année qui commence en chantant dans un état d’euphorie avancé, Tourne la page des Simards, ode aux années 80 (l’époque où la fille que je suis avait l’air de savoir plus ce que je voulais que maintenant). On réalisera tous collectivement le premier au matin en dégrisant, sur le futon d’un ami, sur le bol d’une discothèque ou dans le lit d’un étranger que même si on revient perpétuellement à la case départ et qu’il n’y a pas toujours de 200$ sur la case GO comme au Monopolie, qu’en un an, on a quand même fait du chemin et que le plus intéressant nous attend….

lundi, décembre 14, 2009

Célibataire, mais j'me soigne...

Tu cherches l’impossible Chantale, mais non pourquoi dis-tu ça ? Magalie, engloutissait son interminable sac de M&M et se penchait vers moi pendant les bandes annonces pour me questionner une fois de plus sur ma vie sentimentale. Bien regarde toi, tu sors en boîte à tout les week end, tu rencontres plein de monde par ton boulot, t’as des amis vraiment gentils et intéressants et toi tu ignores tout ça, tu a plein de bonne occasion de rencontrer un gars et tu ne le fait pas, tu es trop difficile! Elle m’énerve quand elle fait ça! Madame a 30 ans, elle est depuis cinq ans avec le même connard et se permet de jouer à la psychologue à deux sous pour juger ma vie de célibataire. J’ai juste envie d’être un peu seule…. Pas vrai glousse t’elle entre deux morceaux de chocolat. Si tu continue, tu va finir vieille et ridée, sans rien … Voilà je bouillonne, il ne m’en fallait pas d’avantage pour avoir envie de lui faire avaler son sac de M&M et de lui faire sortir les rouges par les yeux, un à un. Mes amies sont en majorité en couple, elles font des enfants, possède une maison, une carrière et pense majoritairement que dans la vie, tu n’es rien si tu n’as pas au moins trois de ces choses là. Mais rends- toi à l’évidence, ça fait combien de temps que tu n’as pas embrassé un gars… ferme là! Que tu n’as pas juste accepté de prendre un verre en tête à tête? Boucle là! Un café… Ahhh elle m’énerve, ok tu as quelqu’un à me présenter, c’est ça? Je la vois venir avec ses questions…. Bah tu te souviens de Paul ? Il vient de se faire laisser par Anne… Putain, ce n’est pas vrai, elle va ne pas essayer de me caser avec son meilleur ami qui vient juste de se faire larguer…. Magalie, ton pote, Il est chauve, il ne fait pas de sport et zappe quand il mange. Tu vois, tu es tellement difficile! Pas vrai, je suis réaliste et je ne suis pas une bouée de sauvetage pour tes amis en détresse! Elle s’empresse de me donner le Elle Québec qui traînait par hasard (mon œil) dans son sac à main, tiens y’a un article pour les filles comme toi… Bravo, Docteure Mailloux  et que font les filles comme moi? Et bien elles sont supers critiques sur les mecs, ne savent pas ce qu’elles veulent. Wow  c’est vraiment recherché comme études, alors tu peux me dire ce qui cloche avec moi ? Bah, selon le spécialiste de l’article, tu es trop difficile avec toi-même alors tu le reflète ta personnalité sur ta recherche d’homme. Chuttt, le film commence, je lirais ton foutu article demain… n’empêche qu’elle commence à me faire réfléchir celle-là….

vendredi, décembre 11, 2009

Copenhague vs Montréal

Pour notre petite planète, qui en a trop besoin...
Samedi 12 décembre,14h Square Philips Montréal
Info


Les rêves...



J’ai rêvé de toi cette nuit, ça m’a fait drôle, maintenant cinq ans que tu es partie et mon cerveau n’arrive toujours pas à imprégner le vide de ton absence. Dans mon rêve on mangeait  d’énormes biscuits en forme de macaron, je sens encore l’odeur de vanille flotter dans la pièce et la crème me couler entre mes doigts. Comme deux gamines on s’empiffrait, cachées entre les portes d’armoires pour ne pas que ma mère nous surprenne. En me réveillant j’étais certaine qu’on avait passé la veillé ensemble, j’étais prête à te téléphoner pour te proposer un café ou une bière, étrange comme je sentais ta présence.
Les rêves comme ceux-là sont traitres, comme des escrocs ils vous entraînent dans des moments délectables,  pour mieux s’effacer au petit jour et vous laisser bredouille sur votre faim. Peut-être que ton spectre avait  quelques chose à me dire, me prévenir…Quoi ?  Je dois arrêter de bouffer des sucreries? Je cache quelque chose à ma mère? Que je devienne pâtissière?… J’ai beau consulter le dictionnaire des rêves, je n’y trouve rien…Je crois simplement que tu me manquais et surtout  qu’il faut que j’évite de me coucher le ventre plein, digestion oblige.
Toujours est-il que ça fait toujours du bien de te revoir, peut importe la façon, peut importe le moment…


mardi, novembre 24, 2009

Les moments parfaits

Mais les moments parfaits
Repartent au petit jour
Car rien de moins certain
Que les tristes humains.
Et on attend Qu’ils reviennent toujours,
Mais les moments parfaits
...Ne reviennent jamais.
J’adore cette chanson de Jean Leloup,
C’est vrai, les moments parfaits ne reviennent jamais, comme les moments merdiques d’ailleurs……Mais justement Monsieur Leloup, n’est-ce pas le pouvoir éphémère des moments qui leur donne autant de prestige? Le fait de les vivre qu’une seule fois et de les voir partir au petit jour en sachant très bien qu’ils ne reviendront jamais, cruelle évanescence. La douceur d’un baiser si attendue, la beauté d’un paysage de voyage, la joie de réussir devant l’effort acharné, si nous pouvions remâcher ces moments en boucles, et s’en gaver comme bon nous semble, pour nous complaiser à défaut de vivre notre petite vie peinarde et ennuyante, je ne suis pas certaine qu’ils auraient la même importance, le même petit gout sucré, onctueux, emmiellé qui existe.
C’est le fait de les vivre qu’une seule fois et d’aimer s’en rappeler qui rend ces moments si idylliques, on se les rejoue en film dans notre tête, on les embellie,on y ajoute de la musique et des fleurs (non pas vous, vous ne faites pas ça ? Dommage…)essayez, ils seront encore plus parfaits… Mais aussi on les oublie, car on continue à vivre… et d’autres moments encore plus parfaits effaceront les parcelles des derniers pour prendre leur place, c’est la beauté de la chose… Ce qui compte, c’est de ne pas manquer ses moments et de les vivre à fond à la seconde où ils passent (hors de moi Dalai Lama).

mercredi, novembre 04, 2009

Down d'automne

C'est comme dans la vie, tu te lèves un matin et tu te dis : aujourd'hui c'est le grand jour! Je vais réaliser un tas de choses, être la fille la plus chouette de la terre, la Cinderella de la rue Henri-Julien !

Et puis non. Non! C'est pas comme ça que ça marche. Tu ne rencontreras pas le grand amour, ni de fée clochette pour réaliser tes voeux. Tu ne gagneras pas à la loterie , tu n'auras pas de coup de téléphone d’un vieil ami qui t’invitera à lui rendre visite dans sa villa à Miami. T'as même pas d’amis à Miami.

C’était comme ça dans mon party d’Halloween ce week-end. On attend le grand jour, on se déguise et on réfléchit à son costume pendant des heures. Et puis non. Non! Arrive au jour J en plein dans l’action entourée de beau monde et tu ne suis pas la danse…Même si le DJ joue de la musique des années 80, même si le sosie de Micheal Jackson est là et que tes potes dansent sur les comptoirs! Même si une fausse infirmière en bas résille te bourre la gueule de prozac, rien à faire, le down est bien incrusté (bon ok, l'infirmière n'avait pas plus de vrai prozac qu'une vraie poitrine et Micheal n'était pas plus vrai qu'il ne l'était avant sa mort). Toujours est-il que j'avais les blues, un down oppressant, aussi pénible que de voir Tremblay se faire réélire comme maire de Montréal , un down qui t’avale les émotions, que veux-tu !

Si tout le Québec est en psychose avec la H1N1 cette semaine, moi j’ai attrapé un autre virus peut-être aussi dangereux, l’envie de végéter, et malheureusement il n’y a pas de vaccin! Vlan paf boum dans les dents, j’ai le down de l’automne. C’est comme ça, on se réveille un matin et on a l’impression que ça prendrait un hélicoptère pour se sortir du lit. Même si Angel’s Mama me faisait des pankakes dans ma cuisine, je ne sortirais pas le bout de mon nez. Dessous l’épaisse catalogne qui me sert d’abri tempo pour dormir, je suis bien, j'ai envie d'hiberner et pour longtemps... Visiter Morphée c’est un truc que je me suis permis de faire, depuis trop longtemps...

samedi, octobre 24, 2009

Chacun cherche son ours,

L’hiver arrive, bientôt un grand lainage de neige va recouvrir les rues de Montréal, une partie du St-Laurent se glacera à nouveau et les crazy carpets effarouchés reprendront leurs escapades folles sur le Mont-Royal. D’ici quelques semaines la populace va sortir ses tuques à pompon, ses pantoufles en fantex tricotés par grand-mère, une partie tombera en état végétatif d’hibernation, coagulant tel des lucioles en manquent de lumière sur leurs pauvres recharges de soleil accumulées durant l’été.

Le froid d’octobre des derniers jours annonce les futurs mois d’hiver. Il sonne surtout l’alarme à qui veut passer les prochains mois au chaud, qu’il est le temps de se trouver partenaire, ou ce que j’appel un ou une ours de compagnie. Une boule chaude et confortable avec qui hiberner, quoi de mieux qu’un ours pour se réchauffer ?

C’est à ce moment que les exs débarquent, c’est impressionnant au mois d’octobre! :
-Salut, tu fais quoi? Tu m’en veux? Je m’ennuie de toi, j’ai été con et bla-bla-bla....
Même Angèle Dubeau avec son vison n’est pas aussi professionnelle qu’un ex qui revient te rejouer sa sérénade...Pathétique comment ils ressurgissent... Mais comprenons-les, c’est tellement plus facile et confortable de retomber dans une tanière connue, surtout l’hiver. Six mois c’est longs, mieux vaux enfiler des vieilles chaussettes de laine, c’est peut-être un peu usé, mais la texture est agréable et surtout ça pique moins. Allez! juste pour cet hiver, l’année prochaine on les jettera et on en achètera des neuves!

dimanche, octobre 18, 2009

5 à 7

23 heures, club branché du centre-ville, j’en suis à mon quatrième verre de bulles. Du Michael Jackson roule à la planche dans le bar, impossible de s’entendre à travers cette cacophonie, mais j’aime l’endroit, le monde s’amuse, les gars sont beaux, la musique est bonne. Avec un ou deux jeux d’éclairage de plus et trois pom pom girls, on est a peu de frais d’une pub de Labatt bleue.

Je commence à sentir l’effet de l’alcool sur moi comme une tondeuse sur un de terrain de baseball, ça décoiffe! Impossible de compter sur le McDo avalé en quatre bouché au coin de la rue pour éponger l’effet des spiritueux, mon corps est trop fatigué, il laisse l’alcool m’assaillir. Je dois arrêter maintenant, car je vais dangereusement : 1-commencer à dire des conneries et 2- ne pas être capable de rentrer travailler demain. Oups, mes jambes vacillantes me rapportent qu’il déjà trop tard, tant pis pour les conneries, personne ne m’entend de toute façon. Pour la suite, j’assumerais demain entre deux rendez-vous avec la machine à café.

Tel un Guy Laliberté en orbite, je laisse mes idées vagabonder, je m’amuse à regarder le terrain de chasse et surtout ma collègue se faire draguer par un mec de 15 ans son ainé, le pauvre, vaudrait mieux pour lui de s’acheter un billet de loto (il a certainement lu le livre le secret et ne sait pas encore que c’est de l’arnaque).

Sans m’en rendre compte, mon esprit divague. Est-ce l’effet de l’alcool, de la lune ou mes états d’âme du moment? Je ne sais pas, mais ça roule drôlement dans ma petite tête (pendant que les départements de mathématique et des bonnes manières sont temporairement fermés, le département de philosophie lui, roule à plein canon) :même si le bar est rempli à craquer (impossible de se rendre aux toilettes en bas de 20 minutes, tellement il y a des gens à contourner), j’ai l’impression qu’on est tous un peu seuls ici. Seuls à chercher à se caser, à se sentir moins isolés. Seul à chercher quelqu’un avec qui passer l’hiver pour hiberner et se coller bien au chaud. Plus la musique est forte, moins on réfléchit à notre isolement, plus les verres sont gros, plus les gens sont beaux et surtout plus on oublie qu’on n’est pas en couple, qu’on est dans un tas d’unités comme nous qui cherche le chiffre magique 2.

Ça me rappelle le fameux Poupées russes de Klapiche, où Romain Duris et ses copains se demandent pourquoi ils n'ont pas encore trouvé l'âme sœur. Paumés, ils virevoltent de relation en relation, de fête en fête à travers une vie d’adulte qui leur colle mal à la peau. Peut-être est-ce ça ma génération, elle subit cette trop grande liberté qui nous transforme en automate. Minuit arrive, je ne sais toujours pas, je vais me prendre un autre drink, on en reparlera tantôt.